Hors Temps

Work in progress, Philippe Glorieux, photographe et membre du collectif À Propos se penche sur cet espace hors du temps.

© Ph. Glorieux / À Propos

Depuis que les systèmes de sécurité sociale associés aux progrès considérables de la médecine ont permis d’augmenter considérablement la durée de la vie, le vieillir s’inscrit dans le parcours de vie en questionnant la société pour une recherche des formes les plus harmonieuses, pour que la vieille personne vive cette dernière étape le mieux possible. Le parcourt, souvent contraint pour des raisons multiples, qui mène à l’EPHAD entraine une perte des repères relationnels associée souvent à des problèmes cognitifs qui peuvent être pathologique (maladie d’Alzheimer) et nous interroge sur l’identité sociale, l’intégration, et tout simplement le « bien vieillir ».

Les dispositifs mis en place par le photographe explorent des pistes créatives où la démarche et le faire, plus que la finalité de l’œuvre, peuvent permettre d’éveiller, de mettre en joie, ou simplement intéresser la vieille personne pour vivre et ressentir encore ce sentiment d’existence.

Le photographe auteur dans une démarche artistique se propose de sortir des illusions de la ressemblance, particulièrement accrochées dans la pratique du portrait. Montrer l’invisible dans le visible nous dit Paul Klee. Particulièrement ici, le visible est une réalité dérangeante.

Nos aînés sont des miroirs temporels, ils reflètent notre propre finitude.

L’aspect affectif est omniprésent, ce sont nos parents, nos grands-parents. Ce sont nous, en perte de capacité, d’autonomie, de socialisation, engagés dans un processus de déprise, d’abandon ou de souffrance, d’éclatement et de déliquescence tant physiques qu’intellectuels, en partance sans retour, pour autre chose.

© Ph. Glorieux / À Propos